Il existe des lieux qui donnent l’impression d’attendre depuis toujours notre arrivée.
Quand j’en franchis le seuil, je ressens une sensation de bien-être comme si je retrouvais un endroit familier.
Enfant, je pouvais passer des heures à observer une vieille pierre, un mur effondré, une vielle porte en bois pour y chercher des visages, des animaux. Je me demandais toujours la même chose : qui vivait ici avant nous ?
En grandissant, je n’imaginais pas seulement des personnages. J’imaginais leurs habitudes, leurs peurs, leurs croyances, leurs rêves. J’avais l’impression que les pierres conservaient la mémoire de ceux qui les avaient façonnées.
Avec le temps, je me suis rendu compte que je peignais toujours la même chose. Pas des paysages. Pas des cités fantastiques. Je peignais des questions.
Lorsque je commence une toile, je ne sais presque jamais où elle va me conduire. Je pose une première couleur, une matière apparaît, une forme surgit, puis une autre. Et à un moment, ce n’est plus moi qui décide — le tableau commence à me parler.
Cette cité en est un bon exemple. Au début, je voulais simplement représenter une ancienne civilisation perdue. Mais très vite, quelque chose s’est imposé : une immense porte.
Pourquoi une porte ? Je n’en avais aucune idée. Alors j’ai continué à peindre.
À mesure que les murs prenaient forme, j’avais l’impression que cette ville ne demandait qu’une chose : que quelqu’un ose franchir ce seuil. Qui avait construit cet endroit ? Pourquoi avait-il été abandonné ? Était-il réellement désert, ou attendait-il simplement le retour de ceux qui savaient encore l’ouvrir ?
Ces questions n’appellent pas toujours des réponses. Parfois, elles deviennent des romans.
Je crois que c’est pour cette raison que j’écris. Les mots sont, pour moi, des portes. Ils m’invitent à explorer des royaumes inconnus où vivent des êtres que je ne connais pas encore.
Lorsque j’écris, je n’ai pas l’impression d‘inventer un monde — j’ai le sentiment de partir à sa découverte. Chaque chapitre est un pas de plus dans un territoire qui existait déjà quelque part, avant même que je le décrive. Et lorsque je referme mon carnet, je reviens toujours un peu différent. Comme après un voyage.
Cette peinture représente une cité oubliée. La civilisation E et les créatures révélées par son odyssée vous conduiront au-delà d’une aventure intemporelle révélant une cosmogonie inventée autour de la roue de VYE qui va retracer dans le temps l’évolution d’un homme qui cherche son chemin. Existe-t-il un moyen de reconstruire son destin ? Telle va être la quête du jeune Errac Dorn, voyageur du temps, explorateur d’une civilisation perdue qui le hante depuis toujours.
C’est cela que j’aime dans l’imaginaire. Il ne cherche pas à fuir le réel. Il nous apprend à le regarder autrement. Alors, je vais vous laisser avec une question.
Si vous vous trouviez seul devant cette porte monumentale… l’ouvririez-vous ?