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Les songes fantastiques de Christophe Dougnac

C’est près de Fleurance que cet artiste de 44 ans déploie ses mondes imaginaires. Il en fait des livres, des peintures et des stages d’initiation. Même son jardin a pris un tour étrange…

Un peu après Fleurance, sur la route de Jégun, il y a un inventeur. Il ne fabrique pas de machine, il dessine. Des mondes à lui, mi-enchantés, mi-inquiétants, dans lesquels se mêlent des racines, des roches, des créatures fantasmagoriques, le tout drapé d’un voile d’onirisme aux effets hallucinatoires. Qu’y a-t-il dans la tête de Christophe Dougnac pour nous emmener aussi loin ? On rencontre en fait un homme souriant, capable de parler de son art avec enthousiasme, sans convoquer les postures d’artiste torturé. « Mon inspiration, dit-il simplement, c’est un peu comme un mince filet d’eau qui coulerait en permanence d’un robinet. De temps à autre, au hasard d’une rencontre, d’un film, ou de ce que je peux voir de ma fenêtre, la pression s’accélère, l’eau arrive à torrents. Et là, je crée ». Depuis la fenêtre de son atelier, Christophe a en effet une superbe vue plongeante sur le ruisseau du Cussé. Parfois en crue lui aussi.

Des « livres-mondes »

Voilà deux ans que ce Toulousain de naissance, ancien graphiste publicitaire et « peintre-auteur » à 100 % depuis 2013, a choisi le Gers avec sa compagne Bénédicte, 40 ans, originaire du Pays basque. D’abord dans le centre de Fleurance, puis depuis peu dans cette maison située un peu après la ville, sur la route de Jégun. « Un lieu plus inspirant ». Plus pratique pour les projets du couple (lire par ailleurs). Peuplé aussi de sculptures en bois qui semblent s’être échappées des œuvres de Christophe, comme s’il n’en maîtrisait pas les conséquences ! Mais son premier talent, plus que le travail du bois et de l’écorce, c’est bien le coup de crayon, ou de pinceau. Si l’on voulait donner deux références pour tenter de situer l’univers de notre artiste, ce serait Moebius et Dali. Moebius pour la science-fiction et la métaphysique, Dali pour la fantasmatique et les éléments symboliques (qui ne seraient pas distordus). N’allons pas trop loin. Christophe Dougnac, contrairement à Moebius, n’a rien à voir avec la BD. Ses productions principales, outre ses peintures originales, sont des « livres-mondes », comprenez des romans graphiques, où chaque page est une œuvre en soi, avec plus ou moins de texte.

Les filles de Shakespeare et de Léonard

Il y a en a eu cinq depuis 2013, dont Errac DORN (pour carré rond), l’aventure intemporelle d’un voyageur du temps en quête d’une civilisation et de lui-même, et AmuseZ, un alphabet de muses imaginaires qui fait surgir les filles impossibles de Shakespeare, Léonard de Vinci, Ravel, Vauban… Depuis 2016, l’auteur réputé de science-fiction Ugo Bellagamba est associé à l’aventure. « Nous n’avons pas d’éditeur, détaille Bénédicte, nous passons du temps dans des salons plus ou moins spécialisés, et nous montrons des ébauches qui doivent servir de levier à des précommandes ». Le couple en profite pour exposer les peintures de Christophe et pour vendre des déclinaisons en poster, cartes postales et même en goodies. Toulouse, pour Scientilivres, est un lieu incontournable pour les Dougnac, qu’on peut aussi voir à Cazaubon, lors du festival des arts urbains. Évidemment au festival d’astronomie de Fleurance. Le tirage oscille entre 200 et 500 exemplaires.

Le prochain « livre-monde » ? Il est à quatre mains. Bénédicte participe au scénario et à l’écriture, « pour la première fois ». Sans trop en dévoiler, disons qu’il sera question d’un peuple vivant dans des rochers abandonnés, qui dispose de pierres précieuses comme monnaie d’échange. « Il y aura un message de préservation de la planète », complète Christophe. « Ce sera mieux qu’un film », promet Bénédicte.

Hugues de Lestapis

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